Cancer du sein et désir de grossesse

Désir de grossesse et cancer du sein : les solutions en place à l’Institut Paoli-Calmettes

11 septembre 2018

Le cancer du sein touche un petit pourcentage de femmes jeunes : seulement 7 % ont moins de 40 ans. Compte tenu des récentes évolutions sociétales et d’un nombre grandissant de grossesses tardives, mais aussi des progrès de la cancérologie allant de pair avec des taux de survie de plus en plus importants, ces patientes de moins de 40 ans se retrouvent de plus en plus souvent confrontées au désir de grossesse et aux problématiques de fertilité. Les équipes de l’IPC mettent tout en oeuvre pour « entendre ce désir de grossesse », préserver la fertilité en vue d’un projet futur tout en proposant une prise en charge oncologique optimisée.

Les traitements, en particulier la chimiothérapie, peuvent en effet retentir sur la fertilité, entraîner une ménopause précoce ou une insuffisance ovarienne transitoire. Et la récupération est imprévisible. Or un cancer du sein qui survient avant 40 ans a de fortes chances de nécessiter une cure de chimiothérapie.

Lors d’une consultation spécialisée, consultation spécifique d’oncofertilité, le risque d’insuffisance ovarienne définitive est évalué. En fonction du résultat, des techniques de préservation de la fertilité peuvent être mises en oeuvre, notamment la congélation d’ovocytes effectuée en centre spécialisé. En pratique, une stimulation hormonale de 10 à 15 jours est nécessaire. Cette stimulation hormonale ne peut se faire qu’après la chirurgie et en accord avec l’oncologue. Il faut ensuite attendre deux ans de rémission après la cure de chimiothérapie avant de tenter une grossesse spontanée ou d’opter pour une fécondation in vitro. En cas d’échec, il est encore possible de demander un don d’ovocytes, pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.

Une stratégie initiale de préservation de la fertilité n’est mise en oeuvre qu’en cas de traitement par chimiothérapie. L’hormonothérapie, quant à elle, n’altère pas la fertilité, n’impacte pas le fonctionnement des ovaires. En revanche, elle induit des risques pour le fœtus. Sachant qu’un traitement d’hormonothérapie est généralement prescrit sur une durée de 5 à 10 ans, pour répondre à un désir de grossesse et mener à bien un projet parental, il convient donc de faire une pause dans le traitement, en accord avec son oncologue. Toujours après deux ans de rémission minimum, et si la tumeur était seulement localisée, non métastatique.

En région PACA, le Réseau régional de cancérologie OncoPaca-Corse met à disposition des patientes une plateforme Cancer & Fertilité, en lien avec l’ARS PACA.

Article extrait du Dossier de Presse à l’occasion d’Octobre Rose 2018

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