Plusieurs recherches en cours à l'IPC pour traiter les cancers du sein en immunothérapie

Immunothérapies, nouvelles classes thrérapeutiques : les axes de recherche en cours à l’IPC

04 septembre 2018

Un champ de recherche dédié à l’immunothérapie

L’immunothérapie est utilisée dans le traitement des cancers du sein depuis l’identification, en 1985, de l’oncogène HER2, impliqué dans le développement de certains cancers du sein, et le développement d’un
médicament ciblé : l’Herceptin®, dès 1998. Cet anticorps monoclonal spécifique reconnaît la cible HER2 à la surface des cellules cancéreuses positives, vient s’y fixer, perturbe le mécanisme impliqué dans la prolifération et « recrute » le système immunitaire de la patiente pour détruire les cellules reconnues. Depuis, d’autres thérapies ciblées anti-HER2 ont été commercialisées. Et encore aujourd’hui, HER2 reste la cible de plusieurs projets de recherche : de nouveaux anticorps anti-HER2 sont actuellement à l’étude.

Néanmoins, comparativement à d’autres pathologies cancéreuses comme le mélanome, le cancer du poumon ou le cancer du rein, le cancer du sein n’apparaît pas comme une maladie particulièrement sensible aux autres agents d’immunothérapie disponibles à ce jour et ne bénéficie pas  l’avancées radicales de ce point de vue.

Les stratégies d’immunothérapie (anti-PD-1, anti-PD-L1) qui ont du succès dans les autres maladies (déjà 20 indications approuvées pour des tumeurs solides ou hématologiques aux Etats-Unis) ne fonctionnent pas très bien sur le cancer du sein : seulement 10 % des femmes traitées pour un cancer du sein répondent.

De nouveaux travaux de recherche tentent donc d’identifier avec plus de précision cette minorité de cancers du sein sensibles à ces nouveaux traitements d’immunothérapie, et de comprendre pourquoi. Parallèlement, chercheurs et cliniciens tentent de trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques, en combinant plusieurs immunothérapies entre elles, ou encore en testant des combinaisons chimiothérapie-immunothérapie,
afin d’étendre le nombre de patientes qui pourraient bénéficier de ces stratégies innovantes. Plusieurs projets sont en cours à l’IPC.

L’irruption de nouvelles approches thérapeutiques permettant d’optimiser l’impact de l’hormonothérapie

En ciblant les récepteurs hormonaux, l’hormonothérapie constitue depuis plusieurs années une stratégie majeure dans le cancer du sein. Mais, de fait, un certain nombre de cancers du sein hormonodépendants résistent au traitement, soit initialement, soit après une phase préalable de sensibilité. Et il convient aujourd’hui de renforcer l’arsenal contre ces cancers hormonodépendants résistants.

Depuis quelques mois, une nouvelle classe de médicaments est indiquée en routine en cas de tumeur hormonosensible métastatique. A la différence de la médecine de précision personnalisée, ces nouveaux médicaments ne sont pas prescrits sur la base d’altérations moléculaires identifiées dans la tumeur de la patiente. Conçus pour perturber la cellule tumorale, ce sont des inhibiteurs du cycle cellulaire. Couplés au traitement d’hormonothérapie, il a été démontré qu’ils permettent de différer la résistance à l’hormonothérapie, ou de la surmonter lorsque celle-ci est déjà installée.

Cette nouvelle approche, qui permet d’augmenter l’effet du traitement hormonal, est maintenant à l’étude pour les tumeurs du sein hormonosensibles non métastatiques. L’idée : évaluer les bénéfices / risques de la combinaison hormonothérapie / inhibiteur de cycle cellulaire, en complément ou même en alternative à la chimiothérapie adjuvante.

Enfin, pour les 5 % des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique présentant une mutation BRCA, de nouveaux médicaments qui, comme les anti PARP, visent le système de réparation de l’ADN, devraient être disponibles en routine courant 2019. L’IPC a activement participé aux études qui ont validé leur utilisation avec, à l’appui, une publication dans le New England Journal of Medicine. Ces médicaments pourraient avoir un intérêt au-delà des patientes porteuses d’une mutation, dès lors que leurs tumeurs présentent des anomalies dans les mécanismes de réparation de l’ADN. Leur combinaison à l’immunothérapie est également une piste prometteuse.

Article extrait du Dossier de Presse à l’occasion d’Octobre Rose 2018

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