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L’origine familiale

La prise en charge des maladies d’origine familiale

Les cancers sont des maladies dans lesquelles des anomalies génétiques sont systématiquement retrouvées au niveau de la tumeur. Parfois, ces altérations génétiques se sont accumulées au fil des années, en lien avec le mode de vie (radiations, fumée du tabac, alimentation, etc.), avant de donner naissance à la maladie.

Parfois, une mutation directement impliquée dans le développement d’une tumeur existe dans toutes les cellules d’une personne dès sa naissance. Cette mutation « constitutionnelle » est présente dans toutes les cellules de l’organisme, incluant les cellules germinales. Elle peut donc également être présente chez d’autres membres de la famille et être transmise aux enfants. On dit que cette mutation est « héréditaire ».

Pour 3 % environ des cancers du sein diagnostiqués chaque année en France, l’hérédité joue un rôle important.

 

C’est le risque qui se transmet et non le cancer

Plusieurs cas de cancers du sein dans la famille ne signifient pas nécessairement une prédisposition familiale. Néanmoins, s’il existe plusieurs cas de cancer du sein dans une même famille, ou un cas de cancer du sein avant 40 ans, ou plusieurs personnes ayant ou ayant eu un cancer des ovaires, le médecin propose une consultation spécialisée d’oncologie génétique.

En effet, on peut aujourd’hui identifier les personnes chez qui l’hérédité augmente les risques de cancer en général et de cancers du sein en particulier. À l’aide d’une prise de sang, on analyse certains gènes pour déterminer s’il existe une anomalie prédisposant au cancer du sein. On sait, par exemple, que les gènes appelés BRCA1 et BRCA2 sont impliqués dans la prédisposition au cancer du sein et au cancer de l’ovaire. Ces gènes anormaux, ou « mutés », peuvent avoir été transmis par l’un des deux parents (père ou mère). Une femme, si elle est porteuse de l’un de ce gène anormal, pourra aussi le transmettre à sa descendance (filles, fils).

En cas de prédisposition génétique formellement établie, le risque de cancer du sein varie de 40 % à 80 %. Toutefois, même si elle hérite d’une mutation associée au cancer du sein, une femme ne développe pas obligatoirement le cancer en question.

C’est le risque qui se transmet et non le cancer. Il y a certes des cancers où l’hérédité joue un rôle important, mais il n’existe pas de cancer héréditaire en soi. Aucune femme n’est totalement protégée ; mais de même, aucune femme n’est condamnée à développer un cancer du sein.

Une prise en charge spécifique lui est néanmoins proposée : par exemple, un dépistage du cancer du sein par IRM annuel dès l’âge de 30 ans. De même, un traitement prophylactique, par mastectomie et/ou ovariectomie, peut être une indication pour les femmes à très haut risque de cancer.

 

Les gènes de prédisposition : quoi de neuf ?

Les facteurs héréditaires analysés jusqu’à ce jour étaient essentiellement les gènes BRCA1 et BRCA2. Avec les progrès de la technologie permettant aujourd’hui d’analyser plus de gènes, plus vite, chez plus de personnes, il devient possible de tester d’autres gènes, également connus pour augmenter les risques de cancer du sein, dans des proportions moindres que BRCA mais néanmoins significatives.

Certains de ces gènes sont répertoriés depuis longtemps et même testés en raison de risque de cancer pour d’autres localisations : il s’agit principalement des gènes TP53, CDH1, STK11, PTEN.

Enfin, d’autres gènes pourraient constituer des candidats pour une extension des analyses en cas de formes familiales de cancer du sein : CHK2, ATM, PALB2, BRIP1, NBN, RAD51C, BARD1, RAD51D. Des expériences pilotes, basées sur cette approche dite de « panel de gènes », pourraient être lancées sous peu à l’IPC. Au regard du temps nécessaire pour stabiliser la méthode et le process dans son ensemble, ces nouvelles analyses pourraient être intégrées en routine à l’évaluation du degré de risque encouru d’ici quelques années.

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